De nos jours, les progrès rapides réalisés dans le domaine des techniques de procréation médicalement assistée (TPA) augmentent les chances de réussite pour les couples qui rêvent d’avoir un enfant, tout en rendant le processus de grossesse beaucoup plus sûr. L’une des étapes les plus importantes qui influent directement sur la réussite d’un traitement de FIV (fécondation in vitro) consiste à sélectionner l’embryon le plus sain et présentant le plus grand potentiel pour être transféré dans l’utérus de la future mère. En résumé, la sélection de l’embryon constitue l’une des étapes les plus cruciales du traitement de FIV. Bien que le développement et les caractéristiques morphologiques de l’embryon observés au microscope soient importants, il n’est pas possible d’obtenir des informations précises sur sa structure chromosomique en se basant uniquement sur son aspect extérieur. Grâce aux technologies génétiques en constante évolution, il est aujourd’hui possible, dans certains cas, d’obtenir des informations sur le nombre de chromosomes et certaines caractéristiques génétiques en analysant un petit échantillon de cellules prélevé sur l’embryon.
L’une des méthodes utilisées à cette fin est le test génétique préimplantatoire (TGP), tandis que le séquençage de nouvelle génération (NGS) fait partie des technologies de pointe utilisées en analyse génétique.
Qu’est-ce que le PGT ?
Le PGT signifie « Preimplantation Genetic Testing », c’est-à-dire « test génétique préimplantatoire ». Le PGT consiste à prélever un échantillon cellulaire par biopsie sur des embryons issus d’une fécondation in vitro, avant leur transfert dans l’utérus, afin de procéder à une analyse génétique. Il existe différents types de PGT :PGT-A
Il est réalisé dans le but d’évaluer les aneuploïdies, c’est-à-dire les anomalies du nombre de chromosomes. L’être humain possède normalement 23 paires de chromosomes. Un nombre insuffisant ou excédentaire de chromosomes dans l’embryon peut entraîner l’impossibilité d’une grossesse, une fausse couche ou certaines maladies chromosomiques.PGT-M
Il s’agit d’un test visant à dépister les maladies monogéniques. Par exemple, si une maladie héréditaire connue ou une mutation génétique spécifique est présente dans la famille, les embryons peuvent être évalués au regard de cette maladie. Par exemple : en cas de mucoviscidose, d’anémie méditerranéenne (thalassémie), d’hémophilie A (déficit en facteur VIII), l’hémophilie B (déficit en facteur IX) ou la SMA, ce test peut être réalisé afin d’empêcher la transmission de ces maladies à l’embryon.PGT-SR
Ce test est utilisé chez les couples présentant des altérations structurelles des chromosomes. Il peut notamment être utilisé pour l’évaluation des embryons en cas de réarrangements chromosomiques tels que des translocations équilibrées ou des inversions. C’est pourquoi « recourir au PGT » ne constitue pas à lui seul une définition suffisante. Le choix du test PGT à réaliser est déterminé en fonction des caractéristiques génétiques et cliniques du couple. L’ESHRE définit le PGT-A, le PGT-M et le PGT-SR comme des groupes de tests distincts destinés à des objectifs cliniques différents.Qu’est-ce que le NGS ?
NGS signifie « Next Generation Sequencing » (séquençage de nouvelle génération). Le NGS est une technologie d’analyse génétique avancée qui permet d’analyser simultanément et à grande échelle de nombreuses régions de l’ADN. Lorsque le NGS est utilisé dans le cadre du PGT-A, il sert essentiellement à évaluer le statut numérique des chromosomes dans les cellules prélevées sur l’embryon. Il convient de faire ici une distinction importante : le NGS n’est pas un type de PGT. Le NGS est l’une des technologies d’analyse génétique pouvant être utilisées lors d’un PGT. En d’autres termes :- PGT = ce que nous recherchons
- NGS = l’une des technologies que nous utilisons pour mener cette recherche
Comment s’effectuent le PGT-A et le NGS ?
Le processus de PGT-A comprend généralement les étapes suivantes :- Un traitement par FIV est mis en place. Les ovocytes sont prélevés et fécondés avec le sperme en laboratoire.
- Les embryons sont cultivés jusqu’au stade du blastocyste. En général, la culture de l’embryon est assurée jusqu’au moment de la biopsie, qui a lieu aux 5e et 6e jours de développement.
- Une biopsie est réalisée sur l’embryon. Un petit échantillon est prélevé sur la couche cellulaire externe du blastocyste, c’est-à-dire sur les cellules du trophectoderme qui contribueront à la formation future du placenta.
- L’embryon est congelé. Après la biopsie, l’embryon est généralement conservé par vitrification, un par un.
- L’analyse génétique de l’échantillon cellulaire est effectuée. L’ADN est amplifié en laboratoire et l’analyse est réalisée à l’aide d’une technologie appropriée.
- Les résultats sont évalués. Le transfert des embryons peut être planifié en fonction des résultats chromosomiques.
- Les embryons sains sont transférés dans l’utérus. Des traitements sont mis en place chez la patiente et des préparatifs sont effectués au laboratoire en vue du transfert des embryons congelés dans l’utérus.
Le PGT-A augmente-t-il les chances de grossesse ?
Cette question figure parmi les plus fréquentes concernant le PGT-A. L’objectif principal du PGT-A n’est pas de rendre les embryons « plus résistants ». Il s’agit d’aider à la sélection des embryons en fournissant des informations sur leur structure chromosomique avant le transfert. Le transfert d’un embryon d’apparence chromosomique normale, c’est-à-dire considéré comme euploïde, peut faciliter la planification du traitement chez certaines patientes. Toutefois, le fait qu’un embryon soit déclaré euploïde à l’issue d’un PGT-A ne signifie pas pour autant qu’il donnera lieu à une grossesse ou aboutira à une naissance vivante. En effet, l’implantation dépend- des caractéristiques génétiques de l’embryon,
- du développement de l’embryon,
- de l’endomètre,
- de l’anatomie utérine,
- du milieu hormonal,
- l’interaction embryon-endomètre
À qui le PGT-A peut-il être envisagé ?
Le PGT-A peut être particulièrement indiqué chez certaines patientes. Par exemple :- l’âge avancé de la femme,
- des fausses couches à répétition,
- des échecs d’implantation à répétition,
- antécédents d’embryons présentant des anomalies chromosomiques,
- des antécédents de grossesse ou d’enfant présentant une anomalie chromosomique génétique ou numérique,
- certaines autres situations dans lesquelles on observe un nombre élevé de blastocystes et où la sélection des embryons revêt une importance particulière,
- Infertilité masculine sévère / facteur masculin : cas où l’on soupçonne un risque chromosomique lié au nombre de spermatozoïdes ou à des lésions de l’ADN,
